mardi 23 décembre 2014


Il faut aider la Bleue du Nord à réinvestir ses prairies de Sambre-Avesnois !


Par la rédaction pour La Voix du Nord, Publié le 09/07/2012

Il y a quatre ans, un programme de conservation de la vache Bleue du Nord a été mis en place par le centre régional






Le Finésien Antoine Dellisse élève des Bleues mixtes depuis 1976.



de ressources génétiques (CRRG), ainsi que par des partenaires transfrontaliers comme l'Institut de l'élevage du Nord. Baptisé Bluesel, ce programme vise à mieux faire connaître l'espèce aux éleveurs du territoire. Ce qui est paradoxal, car le berceau géographique de la Bleue, c'est tout simplement l'Avesnois et le Hainaut. « Actuellement, 600 vaches Bleues ont été recensées en France et 3 400 en Wallonie », explique Anne Muchembled du CRRG. Selon elle, la population des Bleues est bien supérieure en réalité, mais les éleveurs ne se font pas forcément connaître. Plus qu'à grossir les cheptels, le programme Bluesel sert dans un premier temps à les recenser.

Et jeudi à Feignies, les différents protagonistes se sont réunis pour dresser le bilan de ces quatre premières années. « Il est intéressant de noter que le lait livré a monté de manière plus importante par rapport au nombre de vaches présentes », relève Anne Muchembled. Autrement dit : sur les 16 élevages pris comme référence, une vache produit plus de lait qu'il y a quatre ans. L'ingénieure agricole y voit la conséquence « d'un accompagnement beaucoup plus conséquent auprès des éleveurs. On apporte des précisions sur la nourriture ou le croisement.

Quel taureau je vais croiser avec quelle vache ? »

La concurrence Prim'Holstein


Un surplus de connaissances qui pourrait faire boule de neige et convaincre, à terme, des éleveurs de s'investir sur le créneau de la Bleue du Nord.

Une race dite mixte, qui a l'avantage de ses inconvénients. En effet, l'espèce permet à la fois de produire du lait et de la viande. « Quand on sélectionne sur deux niveaux antagonistes, on va forcément moins améliorer des deux côtés », explique Thierry Menard, membre de l'association française des éleveurs de Prim'Holstein, une race essentiellement laitière. Un constat qui aide à comprendre pourquoi la vache à la robe noire et blanche s'est imposée dans les élevages, y compris sambriens, au détriment de la Bleue du Nord. Mais en mettant à la disposition des éleveurs l'étendue de leurs recherches, les protagonistes de Bluesel escomptent bien optimiser la production des éleveurs qui ont fait le choix de la Bleue mixte. Le Finésien Antoine Dellisse, fidèle à l'espèce depuis qu'il s'est lancé dans l'élevage, en 1976, n'est pas déçu d'avoir parié sur la Bleue, « par hasard » : « Quand la viande ne marche pas, le lait compense. Et vice-versa. » Résultat : « Je suis toujours excédentaire. » Et puis la nature est bien faite : si la Bleue, originaire des deux Hainaut, se repaît avec délectation des prairies du Parc de l'Avesnois, ce n'est pas anodin : « C'est une race qui s'adapte très bien aux pâturages. À partir du 15 mai, l'herbe lui suffit pour se nourrir. » Et dans l'Avesnois, ce n'est pas l'herbe qui manque


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