Il faut aider la Bleue du Nord à réinvestir ses
prairies de Sambre-Avesnois !
Par la rédaction pour
La
Voix du Nord, Publié le 09/07/2012
Il y a quatre ans, un programme de conservation
de la vache Bleue du Nord a été mis en place par le centre régional
Le Finésien Antoine Dellisse élève des Bleues mixtes depuis
1976.
de ressources génétiques (CRRG), ainsi que par des partenaires
transfrontaliers comme l'Institut de l'élevage du Nord. Baptisé
Bluesel, ce programme vise à mieux faire connaître l'espèce aux
éleveurs du territoire. Ce qui est paradoxal, car le berceau
géographique de la Bleue, c'est tout simplement l'Avesnois et le
Hainaut. « Actuellement, 600 vaches Bleues ont été recensées en
France et 3 400 en Wallonie », explique Anne Muchembled du CRRG.
Selon elle, la population des Bleues est bien supérieure en réalité,
mais les éleveurs ne se font pas forcément connaître. Plus qu'à
grossir les cheptels, le programme Bluesel sert dans un premier temps
à les recenser.
Et jeudi à Feignies, les différents protagonistes se sont réunis
pour dresser le bilan de ces quatre premières années. « Il est
intéressant de noter que le lait livré a monté de manière plus
importante par rapport au nombre de vaches présentes », relève
Anne Muchembled. Autrement dit : sur les 16 élevages pris comme
référence, une vache produit plus de lait qu'il y a quatre ans.
L'ingénieure agricole y voit la conséquence « d'un accompagnement
beaucoup plus conséquent auprès des éleveurs. On apporte des
précisions sur la nourriture ou le croisement.
Quel taureau je vais croiser avec quelle vache ? »
La concurrence Prim'Holstein
Un surplus de connaissances qui pourrait faire boule de neige et
convaincre, à terme, des éleveurs de s'investir sur le créneau de
la Bleue du Nord.
Une race dite mixte, qui a l'avantage de ses inconvénients. En
effet, l'espèce permet à la fois de produire du lait et de la
viande. « Quand on sélectionne sur deux niveaux antagonistes, on va
forcément moins améliorer des deux côtés », explique Thierry
Menard, membre de l'association française des éleveurs de
Prim'Holstein, une race essentiellement laitière. Un constat qui
aide à comprendre pourquoi la vache à la robe noire et blanche
s'est imposée dans les élevages, y compris sambriens, au détriment
de la Bleue du Nord. Mais en mettant à la disposition des éleveurs
l'étendue de leurs recherches, les protagonistes de Bluesel
escomptent bien optimiser la production des éleveurs qui ont fait le
choix de la Bleue mixte. Le Finésien Antoine Dellisse, fidèle à
l'espèce depuis qu'il s'est lancé dans l'élevage, en 1976, n'est
pas déçu d'avoir parié sur la Bleue, « par hasard » : « Quand
la viande ne marche pas, le lait compense. Et vice-versa. » Résultat
: « Je suis toujours excédentaire. » Et puis la nature est bien
faite : si la Bleue, originaire des deux Hainaut, se repaît avec
délectation des prairies du Parc de l'Avesnois, ce n'est pas anodin
: « C'est une race qui s'adapte très bien aux pâturages. À partir
du 15 mai, l'herbe lui suffit pour se nourrir. » Et dans l'Avesnois,
ce n'est pas l'herbe qui manque